Le Projet de loi de finances 2027 ouvre un nouveau chantier sur les retraites. Le gouvernement prévoit de porter la pension minimale à 1.700 dirhams par mois dès l’année prochaine, avec l’objectif d’augmenter progressivement ce montant jusqu’à 3.000 dirhams mensuels à l’horizon 2031.
Cette première hausse cible en priorité les retraités percevant les pensions les plus faibles. Selon les chiffres présentés par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, près de 500.000 retraités seraient concernés par la revalorisation du minimum, dont environ 150.000 veuves.
Les veuves pourraient toucher 100 % de la pension du conjoint
Le PLF 2027 prévoit parallèlement une évolution du régime des pensions de réversion. Le gouvernement souhaite porter la part versée aux veuves de 50 % à 100 % de la pension principale à laquelle avait droit leur conjoint décédé.
Cette augmentation doit toutefois être mise en œuvre tout en préservant les droits des orphelins et des autres ayants droit. Les modalités devront donc être adaptées aux règles propres à chaque régime de retraite afin d’éviter que la revalorisation destinée aux veuves ne se fasse au détriment d’autres bénéficiaires.
Selon les données avancées par Fouzi Lekjaa, près de 431.000 veuves pourraient bénéficier de cette évolution. La mesure vise à réduire la baisse brutale de revenus à laquelle certaines familles sont confrontées après le décès du titulaire de la pension.
Une montée en charge progressive
La revalorisation ne sera cependant pas appliquée de manière identique et immédiate à tous les régimes. La Note de présentation du PLF précise que la mise en œuvre devra tenir compte de leurs spécificités ainsi que de leurs équilibres financiers.
Le passage de la pension minimale à 1.700 DH constitue ainsi une première étape d’une trajectoire appelée à se poursuivre au cours du mandat. L’objectif final reste fixé à 3.000 DH par mois, mais les différentes hausses devront être programmées en fonction des capacités financières des caisses concernées.
La même logique devrait prévaloir pour les pensions de réversion. Le principe d’un passage à 100 % est posé, mais son application concrète nécessitera des ajustements juridiques et financiers propres à chaque régime.
Une facture annoncée de 10 milliards de dirhams
Les deux mesures représenteraient un coût global estimé à 10 milliards de dirhams, selon les chiffres présentés par le ministre de l’Économie et des Finances. Cette enveloppe devra accompagner à la fois la hausse des petites pensions et l’amélioration des droits accordés aux veuves.
Ces dépenses s’inscrivent dans un chantier plus large de réforme des retraites, que le gouvernement entend mener dans le cadre du dialogue social. L’Exécutif affirme vouloir dépasser une réforme limitée à l’âge de départ, aux cotisations ou aux règles de calcul pour agir également sur le niveau des prestations et l’élargissement de la couverture.
Étendre la retraite aux travailleurs non salariés
Le PLF prévoit également d’améliorer progressivement l’accès à la retraite des catégories encore insuffisamment couvertes, notamment les travailleurs non salariés. Pour ces derniers, le gouvernement envisage de simplifier les procédures d’affiliation et le paiement des cotisations.
Les mécanismes devront également être adaptés aux personnes disposant de revenus irréguliers, pour lesquelles un système de cotisations uniforme peut constituer un frein à l’adhésion.
Avec le relèvement du minimum à 1.700 DH, la hausse annoncée des pensions de réversion et l’objectif de 3.000 DH à terme, le gouvernement pose ainsi les premières étapes de sa réforme. Reste désormais à préciser le calendrier de montée en charge, les régimes concernés à chaque étape et les mécanismes de financement nécessaires pour préserver l’équilibre des caisses de retraite.


